
(Merci à la ressourcerie de La bergerette pour cette belle image
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Dans les pays riches, d´Europe, d´Amérique du Nord ou d´ailleurs, la quantité de déchets par individu ne cesse d´augmenter chaque année. Devenue pharamineuse avec l´avènement de la consommation de masse nous pourrions aussi appeler notre époque celle du gaspillage de masse. Aujourd´hui, les spécialistes s´accordent à dire que notre mode de vie n´est plus soutenable. Les eaux, l´air et les terres agricoles sont pollués. Les ressources se tarissent. Notre qualité de vie en pâti irrémédiablement. Paradoxalement, les modes de productions qu´ils soient agricoles, industriels ou bien de services sont de plus en plus polluants. Beaucoup de plastiques et d´engrais sont utilisés dans l´agriculture. Les industriels gaspillent beaucoup d´énergie, de matière (les chutes, les emballages, les palettes, le carton). Les commerciaux et les ingénieurs du marketing travaillent d´arrache pied à créer des envies et des désirs de produits nouveaux, pour cela ils produisent des outils publicitaires polluants (en papiers, à la télé, des échantillons, etc.). Ses produits qu´ils nous vantent, bien souvent, sont destinés à être remplacer après quelques années (parce qu´ils ne sont plus à la mode, parce qu´ils deviennent inutiles, parce qu´une réparation serait impossible ou trop couteuse)… Ses objets pour en citer que quelques uns sont : les ordinateurs, les voitures, l´électroménager, les vêtements, les téléphones… Il s´agit de l´obsolescence programmée…
Les ressourceries (ou recycleries) ont pour but de les collecter et de trier les déchets pour les transformer en ressources. De réemployer ce qui peut l´être, en le revalorisant. Et de traiter comme il convient ce qui ne peut pas être réutilisé : envoi vers un organisme spécialisé de dépollution, enfouissement, incinération… D´un point de vue strictement économique la réparation et le réemploi sont rarement rentables (car l´économie ne prend pas en compte ni la qualité de vie, ni la dépollution, ni le bonheur des individus. Seulement le profit à court terme.)… Mais si l´on considère tous les désagréments et les coûts sociaux et environnementaux de notre mode de vie alors les ressourceries deviennent des acteurs rentables et même souhaitables pour les collectivités.
Avant les trente glorieuses et la consommation de masse, les personnes savaient qu´il ne fallait pas gaspiller. « On avait pas les moyens de s´acheter de la merde », il fallait que les objets durent, car leurs productions nécessitaient du temps et du travail. Avec l´augmentation des revenus, de la productivité et de la mondialisation nous n´avons pas voulu voir combien notre mode de vie était destructeur car les désagréments étaient ailleurs. Aujourd´hui, les nombreuses crises environnementales, économiques et sociétales nous rappellent notre irresponsabilité.
Les villes s´embellissent, les déchets sont enlevés à la nuit ou au matin par les éboueurs et envoyés à l´extérieur des murs… Autrefois ils étaient traités in situ par des petites gens… Mais eux aussi ont fini par être envoyés en dehors des murs de la ville, en banlieue… Les ressourceries et les gens qui y travaillent sont les héritiers de ces petites gens qui exerçaient tout les métiers de réparation et de valorisation : le travail de reprisage, de cordonnerie, de réparation des meubles, les bouquinistes, les chiffonniers, les ferrailleurs, les brocanteurs, les chineurs, les glaneurs… Autant de métiers, misérables et dépréciés mais redevenu indispensables actuellement !