
Le vélo et l´éco-mobilité :
Dans la terre de son potager, l´autre jour, mon père qui sarclait ses pommes de terre, a découvert la plaque vert-de-gris d´un revendeur de cycles - vous savez celles jolies qui étaient rivets jadis sur les colonnes de direction des vélos ! Et bien, figurez-vous que le marchand tenait boutique juste tout prêt de chez moi ! Aujourd´hui au village, il ne reste plus de commerce, plus d´artisan et les paysans ont presque tous disparu. Seule l´école primaire résiste et demeure encore, ultime oasis évanescente dans le désert de ma campagne ! Jusqu´à quand ? Où atterrirons les écoliers une fois grandis ? Si je raconte tout ça c´est parce que je me dis parfois et je me trompe probablement, mais à vélo – c´est-à-dire s’il n´y avait pas les voitures- ça ne se passerait pas comme ça ! On se serait bagarré pour garder la boulangerie, la boucherie et la poste. Prenons l´exemple de la boulangerie : dix kilomètres de pédalage pour se procurer des viennoiseries, le matin, c´est loin ! Et puis, en biclou si on poulope dans un autre patelin pour croquer un croissant, quand on revient le ventre hurle encore famine ! Une deuxième boulangerie s´impose donc de fait ! Non ? La bicyclette préserve les commerces de proximité ! L´argent économisé sur le prix du pain d´un supermarché lointain n´est-il pas dilapidé en carburant si on utilise son auto ? Les villages ne sont-ils pas plus beaux et plus vivants avec chacun leur boulangerie ? Et nos papilles ne sont-elles pas plus heureuses si tous les pains ont des goûts différents ?
L´impudente voiture étale sans vergogne sa laideur, ses tentaculaires centres commerciaux et ses banlieues pavillonnaires dévoreurs d´espace et d´énergie en lisière des villes. La bicyclette, nous l´avons vu, elle, rapproche les petits commerces et les activités de l´habitat des individus, en ne sollicitant que les muscles du corps elle économise les ressources fossiles, les coûteuses guerres du Golf et autres désastres atomiques (la voiture électrique et le vélo du même métal !), mais aussi les antidépresseurs et les onéreuses séances chez le docteur puisque le sport est salubre (le trou de la Sécurité sociale !), et, pourquoi aller à la salle de sport en voiture ?
Notons aussi que la Petite Reine est plus discrète dans la ville et dans les impôts que l´automobile. Pour elle pas besoin de parkings souterrains, d´autoroutes, de ponts incroyables et pharaoniques en trois fois deux voies, d´aires de péage, de perte de temps dans les embouteillages, de dépollution de l´atmosphère, de nettoyage des façades des immeubles noircies par la circulation motorisée…
Notons pour finir et c´est bien peu en vérité par rapport aux économies, susmentionnées, qu´elle permet, la bicyclette, grâce à sa mécanique simple, d´être réparée et entretenue presque entièrement par toute personne de bonne volonté. Cela ajouté à son prix modeste, il ne fait aucun doute qu´elle est l´un des moyens de transport, avec la marche à pied, le plus démocratique et plus propre qui existe.

